C’est quoi une émotion ?

Déjà à l’Antiquité. Zénon racontait que les émotions étaient comme « des mouvements de l’âme rationnelle et contre nature », tandis qu’Ambroise les décrivait comme des perturbations inutiles pour l’homme sain, et leurs donnait le rôle de déclencheurs de maladies. Théorie reprise plus tard par François de la Rochefoucauld au XVIIème siècle qui annonça que les passions sont à l’origine de tous les maux.
Elles ont alors toujours été considérées comme des états de perturbation capables d’engendrer un déséquilibre, aussi bien au niveau psychique que physique.

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Le mot « émotion » a d’abord été utilisé dans le langage populaire. Il vient du latin « emovere, emotum » qui signifie « enlever, secouer » ou « movere » qui signifie « se mouvoir ».  Ressentir une émotion, c’est alors ressentir que l’état initial interne est perturbé par un changement ou un mouvement.

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Mais comment ça se passe?

Lorsqu’un événement se déroule, pour savoir comment réagir, notre cerveau se réfère aux situations que nous avons déjà vécu. C’est alors qu’il recherche dans la mémoire, parmi les événements similaires antérieures, les principes d’éducation reçus, l’environnement dans lequel nous nous sommes développés, le milieu social dans lequel nous avons grandit, ou encore les différents chocs et traumatismes qui nous ont marqué. Après ce bref scan, il envoie des signaux dans différentes parties du corps via le système nerveux et le système hormonal. C’est alors que se déclenche la réaction qu’il aura considéré la plus adaptée pour faire face cette nouvelle situation. Et c’est cette réaction que l’on appelle : émotion.

 

Mais, a quoi ça sert ?

On compte deux types d’émotions. Il y a les émotions à valence positive. Ce sont celles qui font suite à un événement gratifiant et qui entraînent un comportement d’approche ou d’attachement. Ce sont, par exemple : la joie, la sérénité ou encore le rire.
Et puis il y a les émotions à valence négative, déclenchées à la venue d’expériences de danger ou de douleur. Elles entraînent un comportement aversif ou défensif. Ce sont, par exemple : la peur, la colère ou encore la tristesse.

Mais, même si certaines d’entres elles peuvent sembler désagréables à vivre, il n’en est pas moins qu’elles sont avant toute chose un mécanisme d’adaptation et de survie de l’individu et de son espèce. Elles se déclenchent dans le but de nous accompagner, de nous informer et de nous faire réagir face aux diverses situations que l’on rencontre tout au long de la vie.
D’ailleurs, notre intelligence émotionnelle évolue au même rythme que nous grandissons. Pour les nourrissons, il n’y a que la détresse et la satisfaction.
Puis, au fur et à mesure de l’enfance, se développent ce que nous appelons les émotions primaires. Ce sont les émotions automatiques et instinctives inhérentes à l’espèce humaine. Elles déclenchent les mécanismes de survie qui amènent des réactions instantanées. Ce sont elles qui sont à l’origine des impulsions incontrôlées. D’après Paul Ekman, elles sont : La colère, la peur, la tristesse, la joie, le dégoût et la surprise.
Et puis un peu plus tard, lorsque l’âge adulte approche, apparaissent les émotions secondaires. Leur but fondamental est d’assurer la succession de nos gènes et ainsi de garantir la survie de notre espèce. Elles permettent entre autre de fonder le couple ou encore de développer la bienveillance envers les enfants. Elles se construisent selon l’expérience, la culture et l’éducation. On peut citer par exemple l’euphorie, l’anxiété ou bien la jalousie. Elles peuvent différer d’un pays à l’autre, d’une époque à l’autre. Par exemple, au Japon, le fait de « dépendre de l’amour d’un autre », de « se livrer à la douceur de l’autre » ou encore de « se réchauffer » s’appelle : L’amae. À l’époque médiévale, en occident, on nommait le fait de se sentir dégoûté et triste en vue des devoirs imposés par la religion : L’acédie.
Enfin, on compte aussi d’autres émotions dites « d’arrière plan ». Ce sont celles qui durent dans le temps, contrairement aux primaires et secondaires qui sont généralement brèves. Elles sont capitales dans le sens où elles vont influencer l’individu dans sa perception des choses de manière générale. Elles vont donc l’influencer sur le fait de déclencher ou non les émotions d’urgence. Ce sont par exemple le bonheur, le bien-être, la sérénité, mais aussi la dépression ou l’apathie.

 

Un rôle pour chaque émotion ?

Chacune des émotions que l’on va ressentir va avoir un message à nous faire passer sur ce que nous vivons de manière directe ou indirecte. Elle nous permettra d’y réagir de façon plus ou moins adaptée. Par exemple, la peur a comme rôle principal de nous informer du danger devant lequel l’on se retrouve, c’est un état d’alerte générale. Le corps déclenche tout un tas de mécanismes nerveux et hormonaux qui amènent, dans un premier temps, à nous immobiliser pour choisir le meilleur moyen de faire face, et dans un deuxième temps, selon la réponse choisie, de fuir ou de nous battre. On peut aussi citer la colère. Elle nous informe qu’il y a un ennemi et met en place tout le nécessaire dans le corps pour être prêt à se défendre. L’adrénaline permet à la douleur de se dissiper. Le sang se dirige en plus grande quantité dans les mains et les bras, ce qui donne plus de force aux coups pouvant être donnés.
Mais c’est aussi valable pour les émotions à valence positive !
Par exemple, la joie nous permet de comprendre ce qui est bon pour nous. Pour cela, elle déclenche la sécrétion d’hormones telles que l’endorphine ou la sérotonine qui nous amènent une forme de motivation et de bien-être. Autre exemple, la sensation d’amour et l’attachement sont créés par la sécrétion d’ocytocine qui nous apaise. C’est un mécanisme qui se déclenche au contact de l’autre, mais aussi chez la mère qui allaite son bébé. Elle est pratique, par exemple, pour sociabiliser ou pour donner envie de fonder une famille !

Et comme le corps est intelligent, plus l’on taira le message qu’il essaie de nous faire passer, plus l’organisme se mobilisera pour nous le faire entendre. Et si malgré tout il n’est pas écouté, il criera ses déboires, soit par des crises émotionnelles, soit par des « mal-à-dit ».
C’est pour cela qu’il est important d’apprendre à contacter, à rencontrer, à reconnaître et à accueillir ses émotions.