La pleine-conscience, c’est quoi ?

La méditation en plein conscience, d’où ça vient ?

Le mot « Méditation » vient du latin « meditatiun » qui signifie
« contemplation ». C’est une pratique qui, depuis des siècles, est présente
aux quatre coins du monde. Bouddhisme, hindouisme, jaïnisme, sikhisme, taoïsme, judaïsme, islam, christianisme, elle est à l’époque, principalement associée à une pratique religieuse ou mystique. Le principe, c’est alors de porter toute son attention sur un objet donné. Il peut être extérieur à soi : Palpable ou symbolique (dieux, idoles, images, statues, flammes…), ou intérieur : Pensées, préceptes philosophiques, concepts et autres sensations.

Même si on lui associe des références sémitiques et chamaniques, c’est en Asie qu’apparaît pour la première fois le terme de « pleine conscience ». On l’appelle « Samma-sati » en pali et « Samyak-smriti » en sanskrit. Ce sont alors les enseignements de Siddhartha Bouddha qui nous apprennent qu’une conscience vigilante de nos propres pensées, actions et motivations permettrait de nous délivrer de nos souffrances, et entraînerait la libération, « Boddhi » ou « l’éveil spirituel ».

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Comment ça marche ?

Pour les bouddhistes, la personne est constituée de cinq éléments que l’on appelle aussi agrégats ou Skandha en sanskrit. Ces cinq agrégats sont :
La forme ou le corps physique, les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience-connaissance. Thich Nhat Hanh explique que la formation d’une fleur se fait grâce à des éléments dits « non-fleur ». Ces éléments « non-fleur » sont : Le soleil, la terre, le jardinier ou encore l’eau. Ainsi, la fleur ne se manifeste qu’en présence de conditions adéquat à sa formation. Il en est de même avec la personne, avec les formations physiques et avec les formations mentales.

La colère, la jalousie, l’amour, la joie, l’espoir, la peur, la compassion et tout ce que nous associons à des émotions sont des formations mentales. Elles sont considérées comme des « illusions », ou Maya en sanskrit, car elles dépendent du point de vue que notre esprit choisit pour les interpréter.
Ce sont elles qui créent la souffrance.

La consicence-connaissance, quant à elle, serait : « Le sol qui préserve toutes les semences/graines de formations mentales ». En tout, Thich Nhat Hanh nous fait part de cinquantes de ces formations. Chacune, pareille à une graine, a besoin de conditions favorables pour se manifester. Ces graines, en sanskrits sont appelées Bija. La pratique régulière de la pleine conscience permet de distinguer les différentes Bija, positives et négatives afin de prendre soin et d’arroser celles qui favorisent l’altruisme et la bienveillance.

Ainsi, en devenant l’investigateur de son propre esprit, le méditant apprend à le connaître et à comprendre ses mécanismes. Ainsi, ses actions se libèrent petit à petit des chaînes de ses réactions mentales ou émotionnelles.

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Les grands principes de la pratique :

L’entraînement

Pour arriver à cette libération, il est nécessaire d’entraîner son esprit par la méditation. Le principe est de porter toute son attention sur un objet précis : La flamme d’une bougie, une fleur, une sensation, un bruit ou encore une situation. Par exemple, la pratique Vypassanna se concentre principalement sur la respiration et le balayage progressif de l’attention sur chaque partie du corps.

Lorsque toute l’attention est tournée vers l’objet, il n’y a pas de place pour d’autres pensées ou émotions. L’esprit est alors calme et apaisé. Et lorsque le méditant se rend compte que sa pensée s’éloigne de l’objet, il y revient simplement.

Avec une pratique régulière, la concentration se développe. On devient capable de rester de plus en plus longtemps absorbé par l’objet. Ainsi, les temps de calme et de sérénité entre chaque pensée deviennent de plus en plus longs.

 

Le non-jugement

« Dès que je décèle, je conçois.
Dès que je conçois, je limite.
Dès que je limite, je me trompe. »
Dr Frédéric Rosenfield

Le non-jugement, c’est de voir les phénomènes qui se présentent à nous de façon impartiale. Grâce à l’entraînement à la pleine conscience, on apprend à regarder simplement l’objet, sans y associer de sens, de fonction ou d’idée. L’attention est affûtée et l’on apprend au fur et à mesure à s’observer de la même façon que l’on observerait un objet extérieur. On décèle alors plus rapidement et plus précisément lorsque nos perceptions de la réalité sont rendues subjectives par nos mécanismes et conceptions mentales. Et comme les tourments viennent de l’interprétation que l’on fait d’un événement précis, si cet événement passe par le regard du témoin impartial, il n’y a plus de raison de l’associer à de la souffrance. On fait alors l’expérience de l’équanimité.

 

Le moment présent

« If you miss the present moment, you miss your appointment with life.
This is very serious ! »

Thich Nhat Hanh

Le passé n’existe plus et le futur n’est pas encore là. C’est pourquoi, pour vivre au plus près de la vérité, l’attention doit être tournée sur le moment présent. Pendant la pratique méditative, lorsque la conscience est plongée dans l’objet, les pensées ne peuvent se retrouver à ressasser le passé ou à imaginer le futur. On se retrouve dans la contemplation du moment présent.

 

L’impermanence

« Tout est impermanent, exceptée l’impermanence. »
Arnaud Desjardins

Rester dans cette contemplation, c’est de rester impassible devant le temps qui passe. Ainsi, on devient le témoin de l’impermanence. Devant les yeux, toute chose naît et toute chose disparaît. L’éphémère nous porte en contact avec le mouvement de la vie et de la mort à chaque seconde. Chaque état, chaque phénomène, chaque événement et chaque sensation n’est que provisoire. Mais un être demeure, immobile, c’est celui qui observe, celui qui Est. Ainsi, l’océan de la conscience, calme et profond, observe les vagues d’agitations mentales et émotionnelles.

 

La patience

Et si chaque chose a un début, et que chaque chose a une fin, entre les deux, chaque chose se développe à son rythme. De l’entraînement à la pleine conscience se déploie alors la patience. Comme l’explique si bien Thich Nhat Hanh, si l’on tire sur une fleur, on ne la fera pas pousser plus vite, mais on risque de l’abîmer !
Si l’impatience se fait sentir, c’est que l’attention à l’instant présent est bâclée par les vagabondages de l’esprit. Lorsque nous cultivons l’observation simple de ce qui est, ces vagabondages s’estompent, et l’empressement devient une expérience comme une autre, elle même soumise à la loi de l’impermanence.

 

L’acceptation

Par le fait d’observer les choses en toute équanimité, la pratique de la pleine conscience amène à cultiver l’acceptation pour lâcher prise sur les événements devant lesquels nous sommes impuissants. Car être dans une lutte constante envers ceux-ci est une grande perte d’énergie et source de tension.

 

Le non-effort

« Je ne suis ni ceci, ni cela.
Cesse de regarder, et tu me verras.
Cesse d’écouter et tu m’entendras.
Cesse de penser et tu me sauras.
Cesse de chercher et tu me trouveras. »
Dr Frederic Rosenfeld

Avec l’entraînement à la pleine conscience, il devient plus facile de s’adapter, car nous laissons l’expérience être simplement, sans chercher à la transformer en autre chose. Et même pendant la pratique en elle même, il n’est pas sujet de chercher à obtenir de résultats durant les sessions de méditation. Chacune est une aventure unique et se place sans but précis. On développe ainsi ce que l’on nomme le « non-effort » : Essayer moins, être plus.